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  • : La Diagonale des Rêves est une association girondine crée le 20 avril 2011. Cette association a pour but de soutenir les actions de l'association « Aladin », afin de réaliser les rêves d'enfants malades de l'"Hopital des Enfants malades" de Bordeaux.
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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 10:42


  

Évidemment l’objectif numéro 1 sur une telle course est de terminer, mais j’ai envie d’essayer de faire un peu mieux et surtout la perspective de passer deux nuits blanches consécutives m’effraie un peu.

J’établis donc trois plans de marche,

-       le minimum vital : c'est-à-dire terminer dans les délais,

-       l’objectif ambitieux :terminer en moins de 24 heures,

-       l’objectif super ambitieux :moins de 21 heures, avant la tombée de la nuit,



Et puis voila, en ce vendredi 1er juin, petite ballade sur les routes tortueuses de l’Hérault en direction de Roquebrun où je retire mon dossard et installe ma tente au camping municipal à 150 mètres de la ligne d’arrivée, stratégie oblige.



L’après-midi est consacré à essayer de faire la sieste, mais la chaleur caniculaire laisse peu de répit, j’arrive quand même à dormir 20 minutes sur un lit de galets en bord de rivière.



21 heures départ de la navette pour Vailhan, équipé de pied en cape et paré pour la grande aventure.

au petit jour

Dire que je n’en mène pas large est un doux euphémisme, je suis carrément stressé, j’ai l’estomac noué, je n’arrive pas à mesurer l’ampleur de ce qui m’attend.

23 heures 30, premier bâillement, mon corps me dit qu’il est temps d’aller me coucher. Mes jambes, elles, souhaitent prendre le départ dans la demi-heure. Dernier petit coup de téléphone à Katia.

L’heure qui me sépare du départ semble ne jamais devoir se terminer, je patiente en encourageant les héros du GRO qui passent à Vailhan après 30km de course et vont désormais suivre le même itinéraire que nous.

Antoine Guillon prend le micro pour un ultime briefing et nous rappelle que la course peut se décomposer en trois gros tronçons :

Vailhan – Lamalou : 46km /2000m D+ : partie assez roulante pour une bonne mise en jambe, attention à ne pas trop s’enflammer

Lamalou – Olargues : 43 km / 3170m D+ : la partie vraiment dure de la course, sous la chaleur qui plus est

Olargues – Roquebrun : 29km / 1660m D+ : un peu moins dure que la précédente mais le pic de Naudech peut faire mal et la fatigue va peser

Après le discours d’Antoine, le speaker nous demande rejoindre l’arche et entame le compte à rebours.

C’est parti.

 

Le peloton est bien compact et progresse raisonnablement, ça trottine sur le plat et ça marche dans les côtes.

J’attends avec un brin d’impatience les premières difficultés, histoire que le peloton se disperse un peu car je n’affectionne pas particulièrement de courir à la queueleuleu en subissant les blagues grasses du gros lourd de service (y en a toujours un Déçu) et la respiration bruyante, voire inquiétante de l’asthmatique de service.

Autre inconvénient, on soulève beaucoup de poussière, ça pique la gorge.

Il faut bien 2 heures avant que des groupes éparses ne commencent à se former et qu’on retrouve le plaisir de courir de nuit : le silence juste perturbé par les bruits de pas, l’obscurité à peine transpercée par nos frontales.

1ere-nuit.jpg

Je passe plusieurs coureurs du GRO déjà bien entamés, ça va être dur pour eux.

Pas grand-chose à signaler jusqu’à Faugères, premier ravito au km 19, où je m’arrête très brièvement prendre quelques morceaux de fruits.

Nous passons ensuite devant les magnifiques moulins à vent et continuons à dérouler sur des chemins relativement roulants, si ce n’est quelques passages un peu compliqués qui ressemblent un peu à de la désescalade, pas mal de coureurs ronchonnent, personnellement je trouve ça super ludique.

Après un passage sous un tunnel, voici un mini ravito liquide.

Je prend un gobelet d’eau gazeuse et repars illico, je tiens ma vitesse moyenne pour les 22 heures mais avec très peu de marge, et comme je me sens bien physiquement j’essaie de relancer dès que possible.

Vers le km 35 on aborde la première (petite) difficulté du jour : le pic de la Coquillade, ça monte bien raide vers la fin et certains coincent un peu. Je bascule seul dans la descente. Tout ceux que je viens de doubler depuis le départ ne me reverront pas.

Descente jusqu’à Lamalou ; la dite descente est assez roulante avec une bonne portion de bitume sur la fin, je crains un peu pour mes fragiles genoux mais aucune douleur ne se signale.

 

Lamalou les Bains : 46km et 2000m D+ avalés, une bonne chose de faite. 7 heures 30 du mat... Les voyants sont plutôt au vert. Mais je sais très bien que la course va commencer ici.

Je prend un peu plus de temps au ravito pour m’alimenter, faire le plein du camel , remettre de la Nok, ranger la frontale (ce que je crois être définitif...) car maintenant on va entrer de plein pied dans le vif du sujet.

village de Madale

Direction la première difficulté : la montée vers Madale.


Je reprend contact avec Katia et les enfants qui suivent mon évolution à la maison devant le profil de la course. Ils ne comprennent rien, sortent de leur nuit, et moi qui ne s’est pas encore couché...???

Elle se passe sans encombre, je chemine avec 2 autres coureurs qui semblent bien connaître les lieux, ça discute tranquillement, lorsque la montée se durcit je les laisse partir ensemble pour ne pas me cramer.

Lorsque l’on sort des bois on aperçoit la colline d’en face illuminée par le soleil.

village de Combes

Par contre la descente me plaît beaucoup moins, elle est constituée de grosses dalles et de gros blocs, on a l’impression de descendre un escalier géant, ça tape méchamment dans les genoux et les cuisses, c’est interminable ; si toutes les autres descentes sont comme ça il va y avoir de la casse ; heureusement que j’ai rejoins les deux compères avec qui j’étais dans la montée on se soutient.

Ravito de Colombières, déjà de nombreux abandons : la nuit a laissé des traces. Je me passe de la crème solaire. Je serai bientôt au zénith.

Je repars peu avant midi pour attaquer le plat de résistance : le fameux Caroux !!!

Montee-vers-le-Caroux.jpg

J’attaque prudemment cette montée qui s’annonce comme relativement longue, 850m D+ d’un coup.

Je suis seul et progresse relativement lentement, pour l’instant ça se passe bien, le parcours est ombragé et longe de nombreux ruisseaux où l’on peut se rafraîchir, nous suivons des gorges magnifiques sur single assez roulant.

Presque-au-Caroux.jpg

Dernière partie de la montée, on est maintenant au soleil qui commence à cogner fort, il est déjà 13h00, ça promet !!!

Enfin après près de deux heures d’effort le sommet !!!

Plateau-du-Caroux.jpg

La vue est absolument magnifique, je commence à sentir sérieusement la fatigue, j’ai du mal à repartir en trottinant sur le plateau. Une traileuse que j’ai laissée dans la montée me rejoint sur ce plateau qui me semble immense et interminable. Nous échangeons quelques mots. Son rêve : terminer l’UTMB.

7 Plateau du Caroux 2

Je la laisse toutefois derrière moi dans la descente sur Mons.

Pour l’enfer : Plus de deux heures de solitude, sur de la rocaille, des blocs, une descente très cassante, en plein cagnard. Pas le moindre cours d’eau Je commence à sentir les prémisses d’une partie de seconde nuit difficile. Ça me tourmente de galérer aussi longtemps... J’ai une soudaine envie de tout arrêter tout en bas à Mons.

Pourtant, un pointeur me dit que je suis à la 119ème place sur 217 au départ.

Mons que je n’arrive d’ailleurs pas à atteindre, je vois le village en contre bas, mais la descente est interminable. Je reviens en fin de descente sur un gars plutôt sympa. Notre objectif commun est de ne plus rester seul. Quitter Mons seul serait catastrophique pour le reste de la course.

Descente-du-Caroux.jpg

Arrêter ? Continuer ? C’est à Mons km 72 que je prends la décision avec un petit groupe de traileurs, dont Céline (la future UTMBiste) et Sylvain, de continuer tous ensemble.

Il faut dire aussi que Katia a réussi à mobiliser les troupes derrière leur téléphone respectif pour m’envoyer les sms nécessaires à me faire repartir.

Je prend mon temps au ravito, fais le plein du camel, recharge en gels et barres, change de T-shirt. Bref c’est un homme neuf qui repart 20 minutes plus tard pour affronter une nouvelle grosse difficulté : le pic de Montahut.

La montée se fait en 2 temps, d’abord 500m D+ jusqu’à Bardou puis on redescend de 200m avant de refaire 500m D+ jusqu’au pic.

Dès la sortie de Mons c’est du costaud, environ 1km de bitume très raide en plein soleil, sur le moment ça ne semble pas trop m’affecter mais lorsque que je rejoins les chemins dans les bois je coule une bielle, comme tous les autres d’ailleurs.

8 Four à pain

Gros coup de moins bien, impossible d’avancer, on est à l’ombre mais on sent que le soleil tape très fort sur les châtaigniers et la chaleur est étouffante, pas un souffle de vent et contrairement à la montée du Caroux pas le moindre ruisseau pour se rafraîchir.

Je finis par m’asseoir quelques minutes au bord du chemin, avec Céline et Sylvain.

En arrivant vers Bardou, nous sommes accueillis par les cris des paons, sympa, j’aperçois en contrebas une rivière dans laquelle je rêve de me tremper mais le chemin la surplombe et ne semble jamais vouloir descendre vers elle.

Puis finalement, ô joie, on part droit dans la pente jusqu’à la fameuse rivière.

Je prend le temps de bien me tremper avant de repartir, à vrai dire j’ai bien envie de tout laisser tomber et de rester m’ébattre dans cette jolie rivière avec les jeunes qui sont là et ont l’air de bien plus s’éclater que tous ces types en baskets qui grimacent.

Mais le pic de Montahut m’attend et je me remets en route avant que le doute ne devienne trop fort.

Très vite, l’effet bénéfique de l’eau fraîche se disperse et je recommence à souffrir de la chaleur.

La fatigue, la chaleur, le manque de sommeil me font vivre un calvaire, le moral est au plus bas.

La montée est de plus en plus raide, je finis par tomber sur un mini ravito, avec juste un peu d’eau et de coca tièdes mais beaucoup de chaleur humaine et ça fait un bien fou.

On plaisante un peu sur les vautours qui tournaient il y a peu autour du pic, sans doute alléchés par des coureurs en perdition.

Allez un dernier effort droit dans la pente et on est au sommet.

Par bonheur, la descente est beaucoup moins cassante que les 2 précédentes, et petit à petit je me sens mieux, pas encore la grande forme bien sûr. Mais qu’est ce que j’ai faim, je rêve d’une plâtrée de pâtes. Cela fait près de 24 heures, que je ne me suis pas mis à table...

9 Olargues

Nous arrivons dans un petit village où les gens nous accueillent chaleureusement... il est déjà près de 21h00 à Olargues, km90.

Cette ambiance chaleureuse nous redonne des forces, j’ai conscience d’être passé tout prés de la catastrophe mais de m’en être tiré et maintenant ça va être dur de m’arrêter  !!!

Les plus grosses difficultés sont passées, il n’y a plus qu’à finir, enfin facile à dire il reste tout de même 30 bornes, et en pleine nuit.

Je ressorts la frontale, change les piles... histoire d’avoir un bon faisceau.

Je reprend mon chemin en compagnie de Céline et Sylvain. Pas trop envie de se quitter à présent.

Toutefois, je suis un vrai boulet pour eux... Je ronchonne, j’ai mal au bide, j’ai trop mangé... bref, adorablement, il me supporte... On papote tranquillement de tout et de rien sur des chemins bien roulants.

Les 300m D+ pour monter au pic de Naudech représentent l’ultime difficulté, la pente est vraiment forte, nous doublons un couple de réunionnais qui scotche et atteignons le sommet où un petit ravito nous attend, on est gâtés ! Il fait froid, nous nous couvrons face à une légère pluie.

La descente jusqu’à Vieussan, km104, se fait sans difficulté, dans la nuit grondante et orageuse...

Vers 3h00 du mat, au ravito, il me semble être placé dans les derniers. Dix traileurs seraient derrière nous. C’est un désert, les écarts sont importants... Dur pour le moral.

Les derniers kilomètres sont très longs. Sans compagnie, j’ai envie de tout envoyé voler...

Dernière grosse descente sur Roquebrun, il est 7h30 du mat. Une seule envie, partir sous ma tente après une bonne douche chaude.

Une brève discussion avec Antoine Guillon, qui me remet la polaire de finisher.

« Antoine, me sera t elle utile pour la Réunion ? »

« Pour prendre l’avion, oui... »

« Nous nous verrons là bas, Merci encore pour ce magnifique parcours... »

 

120km / 6800m D+ / 31h30

 



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Published by ladiagonaledesreves
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